Voici vos faits saillants de la semaine!

Le mardi 12 décembre passé, 26 joueurs se sont présentés au club afin de croiser le fer.

La semaine passée, je vous avais proposé de trouver une tactique de 3 coups que notre champion, Étienne Latreille, avait jouée lors d’un récent tournoi.

La suite gagnante était celle-ci : 1.Tb7+ (sacrifice d’attraction) Rxb7 2.Dd7+ Dc7 3.Tb1+ (le roi noir ne peut plus protéger sa dame et l’adversaire d’Étienne a abandonné). Ce que je trouve particulièrement intéressant dans cette position, c’est que plusieurs joueurs ont probablement arrêté de calculer cette variante quand ils ont réalisé qu’après 2…Dc7, la dame noire n’était plus attaquée par le pion. Bien sûr, il fallait voir un peu plus loin. Depuis que je joue aux échecs, ça m’est arrivé trop souvent d’avoir rejeté une variante très prometteuse parce que je n’avais pas calculé assez loin.

Arseneault-Thompson : Vaincre l’anglaise de l’expert Arsenault est assurément une tâche des plus difficiles. Je me souviens d’avoir eu plusieurs discussions avec les experts Fabien Gagnon et Richard Rose afin de trouver une faille à cette anglaise redoutable. Lui-même un joueur d’anglaise, Francis sait peut-être mieux que d’autres comment naviguer dans ce champ de mines. Je soupçonne que Michel n’était pas dans sa meilleure forme mardi passé, mais donnons le crédit à son adversaire qui a su éviter les pièges et jouer des coups précis dans les moments cruciaux. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé le 24…Fg4! de Francis. Quand celui-ci joue avec confiance, il est une grande menace contre quiconque au club. 

Massé-Garneau versus Raymond : Comme vous le savez sans doute, je suis un grand amateur de finale et j’ai été très bien servi dans cette partie entre Anthony et Daniel Raymond. C’est sûr que Sébastien et Étienne ont eu une année échiquéenne fantastique, mais si je devais choisir le joueur qui s’est le plus amélioré au club, Anthony serait absolument dans mes premiers choix. Les deux gars se sont livrés un incroyable duel et j’ai eu un peu de peine pour mon ami Daniel, car comme Anthony, il a plutôt bien joué et aurait mérité un meilleur sort.  

Anthony a manqué une belle occasion dans L’ouverture. Après 11…Cdxe7? il aurait pu jouer l’excellent 12.Dg5! Cxd4 13.Dxg7!| Tg8 14.Dxd4(1,24) ou le très joli 12.Dg5! Cf5!? 13.Cxe6! (1,24). Par la suite, Anthony a été pratiquement intraitable sauf que Daniel s’est bien défendu et a fait plusieurs très bons coups défensifs pour atteindre une finale complètement égale. Mais attention les amis, ce n’est pas parce qu’une position est supposément égale que ça devrait être facile. Daniel s’est retrouvé dans cette position cruciale alors qu’il avait un seul plan pour atteindre la nulle, UN seul! Qu’est-ce que Daniel (les noirs dans la partie) aurait dû jouer selon vous dans cette position?  Réponse la semaine prochaine…

Rioux-Thibault : Est-ce que le joueur qui avait les blancs était Paul Morphy, Mikhail Tal, Gari Kasparov? Non, c’était bien Jocelyn Rioux qui a joué une partie d’attaque irrésistible alors que Mario a été malmené dans cette partie. Pourtant, celui-ci avait eu une bonne ouverture dans cette partie de roques opposés où c’est souvent celui qui atteint le roi ennemi en premier qui l’emporte. Au 10e coup, Mario avait la possibilité de jouer l’excellent 10…b4! (10…b4 11.cxb4 a5!), un sacrifice de pion ingénieux pour ouvrir des lignes contre le roi ennemi, ce qui lui aurait donné un gros avantage. En fait, la partie était très équilibrée jusqu’au malheureux 12…Cxh5? des noirs qui donnait un avantage gagnant de 3,00! Par la suite, Jocelyn a été un véritable rouleau compresseur et il n’a pas été inquiété jusqu’au mat final. Excellente partie de sa part! 

Guimond-Palsson : Fort d’une domination lors de sa dernière partie mardi passé, Michel affrontait le très dangereux expert, Halldor Palsson. Non seulement il a démoli son puissant adversaire, mais il l’a fait dans une française alors qu’Halldor est lui-même un expert dans cette ouverture. Michel a joué son fidèle gambit Milner-Barry et même si Halldor a joué de très bons coups théoriques comme 10…a6! et 11…Ce7!, il fut littéralement emporté par la tornade Guimond. Quelle performance!

Séguin-S. Filion : Hubert affrontait Samuel avec les blancs dans une française.  Samuel joue cette ouverture depuis peu et il ne connaît évidemment pas tous les rouages de cette ouverture complexe. C’est pourquoi il est tombé dans un vieux piège d’ouverture qui a fait tant de victimes dans le passé. En effet au 8e coup, Samuel est sauté sur le pion d4 en pensant que c’était un cadeau d’Hubert, mais notre expérimenté et rusé Président l’a sévèrement puni en gagnant une pièce. Par la suite, Hubert n’a donné aucune chance à son adversaire et l’a emporté en 47 coups.

Jacques-Y.Filion : Duel très intéressant entre ces deux joueurs qui se sont livrés tout qu’un combat. Yves a choisi la solide défense Blackburn de la Rubinstein contre Olivier alors que les 10 premiers coups de la partie étaient théoriques. Au 23e coup, Olivier a joué l’excellent 23.Fe5!, très joli coup pour se sortir du pétrin. Un peu plus loin, Yves a manqué un coup gagnant alors qu’il aurait pu jouer le superbe coup tactique 27…Fc5+! Et durant la finale, Yves avait une très belle position, mais quelques erreurs et une belle précision d’Olivier ont mis fin aux espoirs des noirs. Olivier a merveilleusement rebondi après sa partie de la semaine d’avant. 

Ponthier-Valois versus Arvisais : 2 joueurs en feu s’affrontaient sur l’échiquier. Éric a eu une très bonne ouverture contre Hadrien alors qu’il avait même un avantage d’un point à un certain moment. Au 26e coup quand Éric avait l’initiative, il a joué le malheureux 26…Txh3?? en pensant que 27.gxh3 était impossible en raison d’un clouage du roi… mais il n’y avait aucun clouage et Éric a tout simplement perdu une tour. Ce genre « d’hallucinations » aux échecs arrive à tous et à toutes, un jour ou l’autre.

Je me souviens encore, j’avais affronté un expert au CEH (pour obtenir la cote d’expert, il faut atteindre au moins une fois la cote de 2000) et à un certain moment de la partie, il a joué la prise en passant, mais son coup était tout à fait illégal. J’ai complètement manqué ça et lui aussi, car son intention n’était pas de tricher, bien sûr. Pour revenir à la partie, Hadrien a bien profité de la situation et il a récolté sa 4e victoire en 5 parties. Attention à ce joueur en 2024!

Simard- Gagné : Je vous ai mentionné la semaine passée que Paul Simard était sur une incroyable séquence de 3 mats consécutifs? Et bien, j’ai fait erreur car dans sa partie contre Mathieu Laflamme, celui-ci avait abandonné un coup avant le mat. Cette semaine, ça ne s’est pas aussi bien passé pour Paul. Learry a eu une excellente ouverture et a probablement un peu surpris Paul. Au 8e coup, Learry a joué le très dangereux 8…b6!, mais son adversaire ne s’en est pas méfié et 9…Fa6 est arrivé comme la fin du monde alors que Paul a perdu une pièce, la qualité et la partie quelques coups plus tard. Une partie parfaite de Learry alors qu’il a eu un extraordinaire pourcentage d’efficacité de 97% ! Sublime.

Laflamme-Matkavsky : Partie intéressante alors que les 2 joueurs se disputaient un match très serré jusqu’au 23e coup alors que Taras a tenté de gagner un pion en prenant en d5 : 23…Cxd5 24.Fxd5 Txd5 25.Txd5 Fxd5. Prendre ce pion était une erreur. Pouvez-vous voir la tactique que Mathieu a manquée? Il a joué 26.Ce3 ici.

Au 32e coup, Mathieu pouvait gagner aisément en jouant 32.Cxh5, mais il a plutôt tenté 32.Te8+? et la partie est devenue presque égale. Cependant, son adversaire a donné gratuitement son pion a6 quelques coups plus tard et Taras a abandonné.

Gagné-Ballan : Raphaël a joué une fantastique partie alors qu’il a profité à merveille de son avantage d’espace à l’aile dame. Alexis a quand même eu ses chances dans la partie. Au 8e coup dans l’ouverture, il aurait pu gagner un pion en jouant 8…Dxb2. Il a peut-être eu peur que sa dame soit trappée par 9.Ca4, mais il avait la réplique 9…Dc2 avec l’échange des dames. Et au 26e coup, Alexis aurait pu jouer une suite gagnante qui n’aurait donné aucune chance aux blancs : (26…h4! 27.g4 Chxg4! 28.hxg4 Cxg4 29.Rf1 Dh2 30.Da2 h3 gagne! Par la suite, Raphaël a été pratiquement parfait. Il a mis fin aux espoirs des noirs grâce à son superbe 30.Cxc6! Quelle belle partie de sa part alors qu’il a terminé avec un % de précision de 91,9% selon chess.com. 

Chénard-Gagnon : Paul jouait contre Daniel Gagnon et il a opté pour l’ouverture italienne. Même si je suis familier avec cette ouverture pour l’avoir jouée dans le passé, chess.com m’a bien fait rire avec le nom de cette variante : L’Anti-Fried Liver Defense! Paul a eu quelques difficultés dans l’ouverture et le fait de jouer son fou blanc à 2 reprises (3.Fc4 et 6.Fd5) n’a sûrement pas aidé. 

Au 8e coup, Paul a tenté 8.Ch4 pour viser la case f5, mais avec le cavalier en h4 qui était en position précaire, Daniel a fait une petite combinaison lui permettant de gagner un pion et ainsi avoir une position très dominante. Le mauvais développement de ses pièces a été un gros problème pour Paul, mais même avec 2 pions de moins, il avait une chance de revenir dans la partie au 23e coup en jouant 23.Fxa5 qui aurait endommagé la structure de pion des noirs. Après cette occasion ratée, Daniel a vogué aisément vers la victoire.

Trahan-O’connor : Benjamin a choisi le système de Londres contre John. Benjamin a eu ses chances dans cette partie comme au 22e coup où il aurait pu jouer 22.Cd7! qui aurait gagné la qualité. La partie était encore serrée quand John a gagné un pion, mais l’erreur fatale de Benjamin a été lorsqu’il a joué 37.Cc5? Après l’échange des cavaliers, John s’est retrouvé avec 2 pions contre 0 à l’aile roi et le reste a été un jeu d’enfant pour lui. 

Arcand-Piché : Dans cette partie, toutes les pièces mineures se sont échangées après seulement 19 coups de sorte qu’on était déjà en finale. La partie semblait se diriger vers la nulle, mais Danielle a mieux manœuvré que son adversaire et elle a obtenu une finale de tours tout à fait gagnante. Par exemple au 45e coup, elle devait tout simplement amener son roi en f4, puis en f5 et pousser ses pions passés avec l’aide de son roi. Au 48e coup, elle aurait pu jouer 48.axb5+ ou 48.Txb5 avec un gain relativement facile. Pierre a été bien chanceux de s’en sortir avec la nulle lors de cet affrontement.  

Voici vos faits saillants de la semaine!

Le 5 décembre dernier, le CEH accueillait de nouveau 28 joueurs dans des duels très excitants :

Latreille-Bastien : Dans cette partie, Étienne a été intraitable contre André. Ça a été une domination positionnelle du champion du CEH. Comme Sébastien Azar, Étienne est pratiquement invincible au club. Parfois, il me raconte qu’il a eu une mauvaise ouverture contre un tel ou un mauvais milieu de partie contre un autre, mais il finit toujours par l’emporter. Ça me rappelle la fameuse citation d’un ancien champion du monde,  Alexander Alekhine, quand il clamait que pour le battre, il fallait le dominer dans l’ouverture, dans le milieu de partie ET dans la finale. En passant, remarquez le très joli 43.Txg6! d’Étienne qui a rapidement mis fin à la partie.

Azar-Desjardins : Mardi passé au club, j’ai perdu en seulement 12 coups contre le maître Sébastien Azar. À part une fois contre un autre maître, David Gordon, je ne me souviens pas d’avoir perdu aussi rapidement dans les 30 dernières années. À peine une semaine après le décès de mon père, ce n’était pas l’idée du siècle d’aller jouer ce mardi. Je me suis rendu compte que ma concentration était plutôt inexistante. Cela dit, n’enlevons rien à mon formidable adversaire qui a joué une partie quasi-parfaite. Dans une scandinave où je me suis mélangé dans mes variantes qui comprennent le coup 5.h3 et celles sans 5.h3, j’ai été rapidement puni. Je vous promets de faire une bien meilleure prestation la semaine prochaine.

Raymond vs Dupont-Mageau : 2 joueurs d’élite s’affrontaient en ce mardi passé. Contre 1.e4, Nicolas a choisi la variante Najdorf de la sicilienne, mon ouverture préférée quand j’ai commencé à jouer aux échecs, mais surtout l’ouverture préférée de l’un des plus grands champions de tous les temps, l’illustre Bobby Fischer. Daniel a choisi l’agressive attaque anglaise et il a eu plusieurs chances de prendre le dessus dans cette partie.

Au 19e coup, Daniel aurait pu jouer la suite 19.Cxc6! Fxc6 20.f6 (1,56) plutôt que 19.Cde2 (0,67). Au 22e coup, il aurait pu jouer 22.Cec3! (2,88) ou 22.h5! (2,81) avec un avantage gagnant plutôt que 22.Cxe7? (0,90). La partie s’est terminée par un accord de nulle au 29e coup dans une position complètement égale. Je soupçonne que Daniel ait manqué un peu de confiance durant la partie, car il semblait avoir Nicolas dans les cordes, mais il n’a jamais « osé » le coup qui aurait pu faire la différence. Notons toutefois que Nicolas est un excellent défenseur!

Thibault vs Massé-Garneau : Un autre duel de haut niveau avait lieu entre Mario et Anthony. J’ai remarqué que Mario se retrouve souvent dans des positions fermées. Est-ce que c’est une préférence de sa part ou une coïncidence? Bonne question! Toujours est-il qu’un peu comme Daniel Raymond dans sa partie contre Nicolas, Mario n’a pas su profiter de son avantage d’espace. La finale était particulièrement intéressante et ce sont les noirs qui ont soudainement pris le dessus. À mon avis, le coup perdant des blancs a été 44.a4? J’ai dit au 2 joueurs après la partie que même si Anthony avait l’avantage, j’ai pensé que Mario avait une forteresse, c’est-à-dire qu’il pouvait tenir la position sans qu’Anthony puisse entrer dans sa position. Position difficile à évaluer, mais belle partie des 2 joueurs et je félicite Anthony pour sa combativité.

Séguin-Guimond : Comme la semaine passée, Hubert affrontait un fort joueur, le dangereux tacticien Michel Guimond. Peut-être trop respectueux envers son formidable adversaire, Hubert a joué beaucoup trop passivement sa variante de l’avance contre la chère française de Michel. En effet, des coups comme 6.Fd3! plutôt que 6.Fe2?! ou encore 11.a4 suivi de 12.Tb1 plutôt que le passif 11.Ch2 auraient permis à Hubert de combattre à armes égales. Le clou dans le cercueil a été 14.Cdf3? plutôt que le dynamique 14.a4! suivi de 15.b5. Une fois que Michel a pu jouer 14…Cb3, Hubert n’avait plus de contre-jeu sur l’aile-dame et il s’est alors fait démolir sur l’aile-roi dans cette partie de roques opposés. Si vous permettez à un dangereux joueur comme Michel de bien placer son jeu, il vous punira assurément.

Yves Filion-Samuel Filion : Normalement quand 2 membres d’une même fratrie se rencontrent sur l’échiquier, la partie se termine généralement par la nulle. C’était bien mal connaître les Filion alors qu’ils se sont livrés un duel de Titans mardi dernier. Yves jouait si bien avant de faire sa bourde qu’il avait 97% de précision selon chess.com. Je me souviens même d’avoir pensé durant ma partie que j’avais été chanceux de ne pas l’affronter, car de la façon dont il jouait, il aurait pu battre son prof 😉

Un peu comme la semaine passée alors que son adversaire, Jocelyn Rioux, a trop forcé pour gagner et a éventuellement perdu, Yves a fait la même erreur en étant trop gourmand et son fils a sauté sur l’occasion. Bravo à Samuel pour cette belle victoire!

Arvisais-Jacques : Éric Arvisais est sans doute le joueur de l’heure en ce moment et Olivier avait la difficile tâche de l’affronter avec les noirs. Comme d’habitude, Olivier a opté pour la défense slave et celui-ci a eu une très bonne ouverture avec un dangereux cavalier ancré en c4. Éric a par la suite manœuvré admirablement bien à l’aile roi de sorte qu’il a gagné un pion. La finale qui s’en est suivie est tellement instructive et c’est la position que j’aimerais vous commenter cette semaine :

Dans cette position, Olivier a joué 38…Ce5? Et Éric a répliqué par 39.Fxe5! Cette position est fascinante, car même si les blancs ont un pion de plus et un avantage de (0,90), la position est nulle. Quel était le plan pour Olivier afin d’atteindre la nulle? Le plan est assez simple : mettre ses pions sur des cases blanches dans le but de contrer le fou de case noire des blancs et faire des coups d’attente sans jamais permettre l’échange du cavalier pour le fou. Voici un exemple d’une ligne possible pour les noirs : 38…Re7! (ou 38…h5!) 39.f3 Re6 40.Fe1 h5 41.Fc3 Rd7 42.f4 Re6 43.e5 f5! Et les noirs font tout simplement bloquer la position. Voici une autre suite possible : 38…h5! 39.f4 g6 40.Ff2 f5! Les blancs ne peuvent pas pousser 41.e5, car la position deviendrait fermée et si les blancs jouent 41.exf5+? Les noirs répliqueraient par 41…gxf5! Et les blancs ne peuvent plus faire de progrès.

Dans la partie, Olivier a provoqué l’échange de son cavalier pour le fou et la finale est devenue complètement gagnante pour les blancs. Souvenez-vous que si vous avez une finale roi + plusieurs pions contre roi + plusieurs pions, le joueur qui a un pion de plus va gagner dans 95% du temps à part dans quelques rares exceptions.

Bélanger vs Pontier-Valois : j’ai été agréablement surpris de constater qu’il y avait un autre joueur que moi qui jouait l’ouverture de Vienne au club (1.e4 e5 2.Cc3 Cf6 3.f4), Hadrien Pontier-Valois! En passant, l’ouverture viennoise est très peu jouée parmi les plus forts joueurs dans le monde. En effet, la raison est que les noirs ont un coup théorique qui leur permet d’égaliser seulement au 3e coup : 1.e4 e5 2.Cc3 Cf6 3.f4 d5! J’adopte un ordre de coups un peu différent avec les blancs pour me permettre d’empêcher ce coup égalisateur. Si ça t’intéresse, Hadrien, je pourrai en parler avec toi.

Cela dit, son adversaire n’a pas réagi de la meilleure façon contre la Vienne. Hadrien a rapidement pris un gros avantage et même un avantage gagnant après seulement 10 coups (2,56 ). Mais la partie a pris une tournure super intéressante alors qu’après quelques imprécisions d’Hadrien, Paul est complètement revenu dans la partie (tout à fait égale après 18 coups). Allez voir le 19e coup des blancs et le piège tenté par Hadrien : 19.Dg3!? Malheureusement pour Paul, il a manqué son calcul et a donné une pièce et la partie à son adversaire. Il est fort possible que Paul ait calculé qu’après 19…Txf6 20.Txf6?, il ne pouvait pas jouer 20…gxf6 car son pion g est cloué par la dame adverse. Paul devait calculer que c’est lui qui aurait pris un avantage dans la partie en jouant 20…Fxd4+ 21.Tf2 Fxf2+ et les noirs ont un pion de plus et d’excellentes perspectives de gain. C’était la 3e victoire en 4 parties du jeune Pontier-Valois. 

Simard-Laflamme : Fort de son mat de la semaine passée, Paul Simard entamait sa partie avec confiance. Au 12e coup, Mathieu a tenté de gagner un pion sur échec, mais il complètement manqué la réplique de Paul 13.Cf2! qui parait l’échec et qui attaquait sa dame. En raison de son mauvais calcul, Mathieu a perdu 2 pièces… et la partie quelques coups plus tard. Est-ce que Paul Simard réalisera son 3e mat consécutif la semaine prochaine? Les paris sont lancés!

O’Connor-Ballan : ce qui a coulé John dans cette partie, c’est son ouverture. 2.Cc3?! (normalement dans les ouvertures du pion dame 1.d4, on joue rarement Cc3 avant d’avoir joué au préalable c4), 4.a3?! (coup passif qui n’améliore pas le développement des blancs), 6.h3?! (un autre coup passif qui n’aide aucunement au développement des blancs), 7.b3 (un autre coup passif, toujours pour les mêmes raisons). Alexis a joué une très belle ouverture et quand il a gagné le pion 12…cxd4 que son adversaire lui a donné sur un plateau d’argent, il a vite filé vers la victoire.

Matkowsky-Gagné : Taras m’a beaucoup impressionné dans cette partie alors qu’il a obtenu un excellent 91,3% de précision selon chess.com. Je ne vous aurais pas cru si vous m’aviez dit que cette personne avait seulement une cote de 1240, wow!  Et son adversaire, Raphael Gagné, n’a pas mal joué malgré tout. Regardez la position après le 18e coup. Le 19.a4! de Taras était vraiment brillant. Ce coup oblige les noirs de faire le petit roque et de donner le pion b pour le pion d (19.c4! 0-0! 20.Fxb5 Cexc4). Les blancs se seraient alors retrouvés avec un dangereux 2 pions contre 0 à l’aile dame, mais les noirs auraient pu continuer le combat avec une position un peu désavantageuse. Après 19…bxa4?, les noirs ont dû donner beaucoup de matériel et la partie du même coup.

Trahan-Piché : comme la semaine passée, Danielle a joué le système de Londres (1.d4 d5 2.Ff4). Je soupçonne qu’elle a eu un moment d’inattention quand elle a joué 6.h3?! Ça a permis à Benjamin de briser la structure de pion des blancs et de prendre une grosse option vers la victoire. C’est toujours difficile psychologiquement de revenir après une gaffe et c’est alors fréquent d’en faire une 2e et même une 3e après coup. Pour rester dans la partie, il aurait fallu que Danielle trouve le coup 8.g4! Une fois qu’elle a perdu la possibilité de faire le petit roque, ça aurait été une bonne idée de tenter le grand roque plutôt que de jouer 10.c4?!, ce qui faisait en sorte que son roi était « pogné » au centre, comme on dit en bon québécois 😉 En ce qui concerne Benjamin, il a poursuivi sa séquence à 4 parties sans défaite.

Hamelin-Popyk : Joueur non coté, Danyl Popyk affrontait Joran avec les noirs. Malheureusement pour lui, il s’est fait passer le fameux mat du Berger. Ça m’a rappelé la merveilleuse série sur Netflix, « The Queen’s Gambit ». En effet, la jeune prodige de la série se fait aussi passer le mat du Berger au début de la série. On connaît la suite… Qui sait, peut-être que Danyl adoptera le même parcours 😉

Gagné-Chénard : Contre Learry, Paul a choisi l’ouverture espagnole. Au 12e coup, celui-ci a joué son cavalier en h5 sans doute dans le but de le jouer en f4. Une fois que le cavalier s’est fait refuser le passage, il semble que Paul ait quelque peu oublié son cavalier non protégé en h5. Le regretté grand maître John Nunn martelait dans ses livres que les pièces non protégées perdent des parties. Après 18.Ce5! Paul a protégé son pion c6, mais il a complètement oublié sa pièce en h5. Par la suite, ça a été un jeu d’enfants pour Learry de gagner avec une pièce de plus.

Avant de terminer, j’aimerais attirer votre attention sur un tournoi de fin de semaine qui se déroule en ce moment au Centre RA à Ottawa. Même si notre maître ne pouvait être présent, nous avons quand même une intéressante délégation de notre club à ce tournoi : notre champion, Étienne, Anaïs Chloé Fiset, Mario Thibault, les Filion, Pierre Arcand, etc. Voici une position qui a eu lieu dans une partie d’Étienne Latreille :

Étienne a les blancs et il a joué une magnifique tactique pour mettre fin à la partie. Vous devez voir au moins 3 coups à l’avance pour trouver cette beauté 😉 Bonne chance et réponse la semaine prochaine!

Soirée du 28 novembre dernier

Nous remercions tous les membres qui nous aident avec la transcription en PGN des parties jouées lors de nos tournois. Pour progresser dans la connaissance du jeu, nous vous recommandons d’analyser vos parties et celles de vos adversaires en cliquant sur « Collections » dans le menu en haut de la page.

La semaine passée, le CEH accueillait 28 joueurs. Voici vos faits saillants échiquéens de la semaine!

Section 90/30

Bastien-Azar : J’ai toujours pensé qu’André était un joueur redoutable, spécialement avec les blancs. En effet, son étrange répertoire d’ouvertures le rend vraiment imprévisible. Ancien champion de semi-rapide du Club, il affrontait le Maître national et quadruple champion du club, le puissant Sébastien Azar. Les blancs ont opté pour l’Attaque est-indienne. Sébastien s’est très bien défendu et est même allé chercher un gros avantage dans l’ouverture. Cependant, André a très bien joué le milieu de partie de sorte qu’il a pu faire nulle en finale avec un pion de moins. Un résultat bien sûr décevant pour notre maître, mais il faut noter que les 2 joueurs ont atteint 93% de précision selon chess.com, ce qui est tout de même remarquable!

Thompson-Séguin : Hubert est en feu dernièrement alors qu’il est sur une très belle séquence. J’ai remarqué qu’il a, entre autres, amélioré son jeu en finale. Malheureusement pour lui, il affrontait Francis Thompson, un joueur d’élite dangereux. Celui-ci a pris rapidement un très gros avantage alors que son centre est devenu monstrueux. Après quelques imprécisions de Francis, Hubert est complètement revenu dans la partie avec ses 2 pions passés b et c qui paraissaient vraiment dangereux même si les logiciels évaluent la partie étant égale. Notre valeureux Président a joué le malheureux 29…Cd7? et Francis en a profité pour gagner la qualité et la partie quelques coups plus tard. Regardons d’ailleurs la très intéressante position après le 29e coup des blancs :

La menace des blancs est de tout simplement pousser 30.e5 qui attaque le cavalier et qui fait une enfilade du fou blanc contre les 2 tours noires. En fait, cette menace n’existe pas pour l’instant, car si les blancs avaient le trait et jouaient 30.e5?!, les noirs répondraient bien sûr par 30…Cd5! Comment Hubert pouvait tenir cette partie? En étant tout simplement patient. C’est vrai que le 4 contre 2 des blancs est épeurant à moyen terme, mais le problème des blancs est qu’ils doivent utiliser beaucoup de leurs ressources pour arrêter les deux très dangereux pions passés noirs, b et c. Dans cette position, les noirs devraient jouer des coups comme Tc8 ou Tcb6 (évidemment, on enlève nos tours de la dangereuse diagonale, h1-a8). Ensuite, il faut jouer Cd7 comme le voulait aussi Hubert. Les blancs ne peuvent pas permettre au cavalier de se rendre en c5 et en d3. Avec tout leur contre jeu, les noirs peuvent tenir la nulle.

Lattafi-Thibault : Yousef a choisi la sicilienne fermée contre Mario et je dois admettre que je ne connaissais pas la variante jouée. Les problèmes de Mario ont commencé au 12e coup quand il a permis l’échange des dames au détriment de sa structure de pion. Même si le logiciel donnait une position égale, c’était vraiment difficile pour les noirs de jouer une position avec des pions aussi faibles. Yousef a bien profité de la situation et ses 2 pions passés étaient inarrêtables à la fin.

Y. Filion-Rioux : partie très intéressante alors qu’Yves essayait son ouverture de la London (système de Londres) contre un autre joueur de London, Jocelyn Rioux. Celui-ci avait battu Yves dans une partie tactique, plus tôt dans l’année. La partie semblait se diriger vers la nulle alors qu’après le 23e coup, on avait une finale égale de tours. Jocelyn a joué vigoureusement pour le gain; il a tenté quelques pièges tactiques qui ont été contrés par son adversaire. D’ailleurs, Yves a fait des progrès tactiques récemment. Pour revenir à Jocelyn, je salue toute sa combativité,  mais il a un peu trop forcé la note et s’est retrouvé dans un réseau de mat. Yves n’a pas raté sa chance.

S. Filion-Lecorre : Samuel a excellé au dernier tournoi de fin de semaine à Ottawa et il abordait sa partie avec confiance. Il a choisi la variante d’échange contre la solide française de Joel. C’est d’ailleurs dans cette variante que Joel annula brillamment contre le joueur d’élite, Daniel Raymond. La variante d’échange a la réputation d’être très annulante et comme de fait, ça semblait être la conclusion probable de cette partie. Mais au 26e coup, Joel fit une terrible erreur qui mit fin abruptement à la partie. Quand mon ami Joel joue en confiance, il est un joueur redoutable. Je suis convaincu qu’il retrouvera son jeu bien assez tôt.

Jacques- Pontier-Valois : Deux joueurs bien prometteurs s’affrontaient sur l’échiquier et fait intéressant, ce sont deux joueurs de scandinave. Par contre, je suspecte qu’Olivier ne connaissait pas ou très peu la variante 2…Cf6 de la scandinave, la variante « Smerdon » popularisée et améliorée par le Grand maître australien. Olivier est plutôt en train de devenir un spécialiste de la scandinave 3…Da5 sous les excellents conseils de son entraineur, le champion du club, Étienne Latreille. Dans la variante « Smerdon », Hadrien a rapidement pris un avantage en déroquant le roi adverse. Une erreur tactique d’Olivier au 14e coup a pratiquement mis fin à la partie même si elle se termina dix coups plus tard.

Bélanger-Simard : Les joueurs ont opté pour une partie espagnole avec la fameuse Roy Lopez, une des ouvertures les plus populaires dans le monde. Au 9e coup, François a oublié la protection de son pion e5 et Paul a sauté sur l’occasion. Les débutants sont parfois surpris d’apprendre qu’un tout petit pion peut faire toute la différence dans une partie d’échecs. Et bien, cette partie en est un excellent exemple alors que Paul a « surfé » vers la victoire après le gain de ce pion crucial.

Voici le classement du Ladder:

Section 60/30

Laflamme-Arvisais : Mathieu et Éric croisaient le fer alors que les deux étaient sur des séquences de victoires. Je suis d’ailleurs bien impressionné par les progrès d’Éric depuis quelques mois. Contre 1.d4, Éric a choisi la défense hollandaise. Yousef est un autre de nos forts joueurs qui jouent l’Hollandaise. Mathieu a très bien joué l’ouverture et après quelques imprécisions d’Éric, il avait même un gros avantage avec un pion de plus. Mathieu a peut-être baissé la garde alors que son 17.Cce5? était une grosse erreur qui a permis à Éric de gagner la qualité. Par la suite, celui-ci a vogué sans trop de problèmes vers la victoire.

Trahan-Arcand : voici une partie avec d’incroyables rebondissements! Benjamin avait une partie tout à fait gagnante dans son système de Londres (London opening). Au 35e coup, Benjamin a fait un mauvais calcul en donnant un fou pour un maigre pion. Il croyait que ses pions passés seraient suffisants pour gagner, mais ce n’était pas le cas. Et quelques coups plus tard, c’était Pierre qui avait un avantage gagnant et qui semblait se diriger allégrement vers la victoire. Mais surprise, les 2 joueurs conclurent par la nulle alors que Pierre était archi-gagnant. Et vous? Plutôt que de jouer 49…Cg5?!, comment auriez-vous poursuivi cette partie à la place de Pierre?

Ballan-Matkovski : Alexis affrontait la sicilienne de Taras dans une autre partie remplie de rebondissements. Taras a donné un pion central au 10e coup alors qu’Alexis a fait de même, quelques coups plus tard. La finale est assez hallucinante, car les deux joueurs prenaient des avantages gagnants, l’un après l’autre. Alexis va s’en vouloir puisque sa finale était complètement gagnante. Son malheureux 51.Fd5? a complètement changé la donne si bien que Taras a gagné quelques coups plus tard.  

Mes ami(e)s, travaillez un peu les finales! Vous serez surpris du nombre de points et de demi-points que vous gagnerez ou sauverez 🙂

Gagné-Hamelin : Invaincu dans ses deux dernières parties, Raphael affrontait Joran avec les blancs dans un autre système de Londres qui était bien populaire en ce mardi soir passé (1.d4 d5 2.Ff4). Joran a malheureusement donné une pièce dans l’ouverture et la partie s’est conclu au 27e coup, ce qui permet à Raphael de poursuivre sa belle séquence.

Chénard-Simard : c’était la bataille entre les deux Paul et ce fut toute une guerre tactique! Encore une autre partie où les joueurs se sont échangés des avantages gagnants. Paul Chénard s’en mordra sûrement les doigts alors qu’il pouvait tout simplement prendre la pièce au 23e ou 24e coup (23.dxe5 = (2,75 selon chess.co). Après avoir raté sa chance, l’autre Paul fut sans pitié et terrassa son adversaire dans un joli mat au 29e coup.

Gagné-O’Connor : mardi passé, on avait la chance d’accueillir un nouveau joueur venant de Rockland, John O’Connor. Pour l’occasion, il affrontait Learry Gagné qui était sur une séquence de deux parties sans défaite. Les joueurs ont opté pour la Ruy Lopez et ils se sont rendus assez rapidement en finale après seulement 23coups. Le jeu est devenu plutôt stérile et les joueurs se sont serrés la main au 38e coup.

Piché-Badier : Mon amie Danielle a opté pour le système de Londres (encore cette ouverture!) et elle et Frank ont plutôt bien joué la phase initiale. En milieu de partie, la position était somme toute très équilibrée jusqu’au 23e coup. C’est à ce moment que Danielle a joué 23.b5? plutôt que 23. bxa5 (0,00). Sa position s’est écroulée quelques coups plus tard et Frank en a bien profité.

Voici le classement du Ladder:


Conseil
d'administration
2023-2024

Hubert Séguin, président
Paul Simard, trésorier
Joël Lecorre, secrétaire
Pierre Arcand
Michel Desjardins
Nicolas Dupont-Mageau
Yves Filion

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partenaires

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